Kiss 'uije?

petitschamps.jpg 
Mon blog, c'est mon psycho-kouak, 
quand j'ai un truc qui  me traine dans la tête, 
je peux le poser ici, et le regarder, 
peut-être même y réfléchir,
à part ça je peins... et vous?
Aneth


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Koikadi?

truc-bidule

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Mercredi 11 juillet 2007

Habiter une station balnéaire, c'est voir arriver dès le mois de Juin une foultitude de gens qui se mettent en 4 sur une affaire diablement sérieuse: être en vacances. 

 Des groupes lents dans Saint-Florent marchent à pas comptés: - les familles

         Papa, maman,  deux ou trois enfants tout autour, on sent que la parentitude s'interroge sur le prix de tout, des glaces, des serviettes de plage, du repas du soir, et que ça enraye sérieusement la belle après-midi. 
Il faut occuper les petits, la plage bien-sûr,  et peut-être quelques excursions, mais pas trop loin, sinon ils auront mal au coeur, les routes sont sinueuses, qu'est-ce qu'on va faire pour s'occuper soi, des bouquins, regarder les autres gens, qu'est-ce qu'on aurait été bien à la maison, sûrement pas toute cette foule, pas d'angoisse pour se nourrir, et tout un tas d'occupations, j'avais un bon bricolage en route, moi mes rangements d'armoire, et tante zézette à inviter. Ici on est loin de tout, va falloir s'adapter, c'est les vacances...
Sur la plage, la nature est rebelle, le sable s'infiltre partout, le vent s'en mêle, fouettant les cheveux, rafraichissant l'atmosphère, fermant les livres et les revues, pas moyen de lire tranquille, les enfants sont excités, se balancent du sable, réclament à manger, il faut veiller à ce qu'ils n'envahissent pas le territoire des voisins de plage , pas de jeté de ballon, de boules, de balles de tennis ou de raquettes qui font spotch,à moins de venir à 6 h du matin quand la plage est déserte.
Il y a des fourmis, ne pas sortir les biscuits, des mégots planqués sous le sable, quelques objets flottants entre deux eaux dans la belle bleue. Malgré le vent, le soleil est vorace et le peau  cuit à vue d'oeil..
Le temps n'est pas à la détente autant qu'on aurait pu le souhaiter, parents en vigilance de niveau 9, enfants rêvant de liberté et retenus au transat familial, le conflit guette.

   Pendant ce temps ,les "baroudeurs" ont pris possession du village,  traversant la place des boulistes comme la forêt d'amazonie, ils sont venus , ils ont vu et ils ont vaincu.
Ils ont le teint déjà halé, une tenue "de campagne" juste négligée, coton froissé, couleurs végétales, un bob écru jeté en arrière du crâne ou un vieux  chapeau de brousse déniché au "vieux campeur"..
Le must est de se balader pieds nus au milieu du village, l'air lointain, être comme chez soi dans les boutiques, plaisanter avec ces braves commerçants, arracher d'un coup de machoire sauvage le bout de la baguette de pain qu'on vient d'acquérir, traverser nonchalamment devant les voitures, sans un regard, parceque ici ça se fait, nan? si ça se fait! et aussi de s'arrêter avec la voiture au milieu et de papoter... 
Ils déambulent dans Saint-Florent comme dans une jungle bienveillante où ils seraient le Tarzan et la Jane de service, l'impression d'une maitrise totale de l'habitat indigène et des us et coutumes locales.
Des Corto Maltese parisiens en goguette...


Les vieux du village, assis sur la muraillette, les regardent sans plus, l'habitude de l'été envahissant, mais détaillent tout de même du regard  les déhanchés féminins et les cuisses dévoilées sous les paréos, les commentant entre eux.. en corse.
Les restaurateurs les cajolent, les palpent, les couvent, les poules aux oeufs d'or.

Meilleurs clients que les familles...


Le long du port, amarrées et exposées, les grosses chaloupes de luxe, noms exotiques, personnel de bord à foison, les  yachts bodybuildés se poussent de l'épaule, se compressent, s'empiètent, pour mettre le bout du nez sur le quai d'honneur et qu'enfin ses occupants puissent manger sur le pont arrière, devant tous les badauds.


Ahhh, parlez moi de la Chaise Dieu, petite ville pétrie d'abbaye, venteuse et froideuse, et calme et souchée au granit qu'il m'en vient des frissons de tendresse....

par Planeth publié dans : L'enfer c'est les autres ajouter un commentaire commentaires (6)   
communauté : Biffures chroniques
Dimanche 1 avril 2007

 

On imagine toujours dans une relation amicale que l'autre vous veut forcément du bien, mais c'est sans compter ses propres meurtrissures qui font qu'il pourra éventuellement se servir de vous comme exutoire des ses propres angoisses-complexes-bleus à l'âme. L'exemple type, c'est  la bonne copine qui vous offre des fleurs avec quelques orties au milieu sans qu'on s'en aperçoive tout de suite.

   De petites critiques en petites critiques assenées délicatement, on finit par se rendre compte que ces petits cailloux lancés dans votre jardin ont formé un gros tas et qu'il vous pèse à l'estomac.
 En assez peu de temps, vous avez appris-compris-deviné que vos enfants n'étaient pas terriblement bien élevés, (comparés aux siens qui sont de véritables merveilles de la nature, ah?), que vous ne vous situiez pas dans le haut de gamme niveau physique (merci ça je l'avais déjà noté mais se le faire redire ça aide beaucoup) que vous vous fringuiez n'importe comment, (en passant vous apprenez que les hommes n'ont d'yeux que pour elle), enfin que votre style de vie était, comment dire, bof bof.
Comme un gros café au lait, au bout de quelques temps ce mélange finit pas être un peu indigeste et il se peut même que vous vous sentiez un peu hors de vos chaussures, vague à l'âmeuse, indécise, jusqu'à ce que vous ayez cerné l'aimable poison qui vous a été administré avec tellement de gentillesse, et sans aucun doute pour votre bien.
Personnellement je me flagelle assez bien toute seule sans qu'on m'y aide, donc sous ces petites piques dissimulées, je tourne d'abord sur mon moi-même en léchant mes écorchures .
Puis je finis par discerner l'origine de ces petites plaies. Alors j'incrédulise, puis j'indignasse, je colérise intérieurement un petit peu... je soigne mon ulcère... et enfin je compatis (un tout petit peu) sur le manque de confiance en soi qui a conduit à ces intentions urticantes.

Mais une certaine méfiance risque de se lover en prévention du prochain bouquet....

Et c'est l'instant rêvé pour redéclarer à l'amour de ma vie combien il est précieux, compatible, légoesque, indispensable à ma survie affective, amoureuse et compagnonesque.

par Planeth publié dans : L'enfer c'est les autres ajouter un commentaire commentaires (6)   
Mercredi 7 mars 2007

blandine et les lions

On a tous à un moment ou à un autre un besoin viscéral de fonctionner en mode "culpabilisateur", mais bon bien sûr comme pour toutes les spécialités, il y a des pro de la chose.
Sainte Blandine, par exemple, est un modèle de culpabilisation extrême:
Torturée, mise dans l'arène avec les lions, (qui d'ailleurs vont plutôt lui fichent la paix) puis finalement rôtie au grill, tout ça sans un mot de reproche, ni amertume, ni "si j'avais su, j'aurais pas venue"...Symboliquement, elle leur a mis la pâtée à tous ses bourreaux, ce sont eux les vilains pas beaux, que le remord va flétrir comme de vieux trognons.


   Dans la vraie vie d'aujourd'hui, le culpabilisateur parfait  est généreux, donne de sa personne, croule sous le poids de sa propre vie qui en général est moins facile que la vie des autres, mais sourit malgré tout avec fatalisme et résignation. C'est un exemple pour nous tous, il ne se plaint pas, enfin il dit qu'il ne se plaint pas, il encaisse, il est digne, il sait être là quand il faut, choisir les bonnes paroles, les bons gestes ... 
   Du coup, déjà on se sent mal, face à tant de perfection, forcément comparées à du lisse et beau, nos propres véroles se voient beaucoup, nos propres manquements, désertions diverses, petites lachetés, frivoleries, gaîtés mal placées, j'en passe...
   On a déjà envie de s'excuser, de n'être que soi, et d'en être content , comme ça, gratuitement, quelle hérésie. La vie sur terre est un long tissu d'emmerdements, c'est ça qu'il faut bien se mettre dans le crâne..
  Mais nous on avait pas pensé ça comme ça, et tout à coup ça fait comme un poids nouveau dans nos chaussures.. Et ça fait combien de temps qu'on vit dans l'erreur?
   Bref, c'est pas de la tarte de croiser un modèle pur de culpabilisateur. Et heureusement ça n'arrive pas.
On croise des modèles moyennement atteints, ou atteints par périodes. Parfois quand on se regarde soi-même dans la glace un matin on en reconnait un là aussi, tiens aujourd'hui je suis une emmerdeuseculpabilisatrice.Gaffe!

Etre culpabilisateur de base,  c'est  faire comprendre à son prochain ce qu'il n'a pas fait, ce qu'il ne vous a pas fait, pas dit, pas offert, pas apporté, trop fait, trop dit, mal exprimé, et j'en passe.
  La mission c'est: Toi mon gaillard, tu pensais avoir la paix aujourd'hui, mais j'ai quelques petits reproches bien chauds, tu ne vas presque rien sentir... au début!..
Il parait que c'est une spécialité féminine ça.. ok ok ok, peut-être, mais z'inquiétez pas les mecs, je vous trouverai des petites choses croustillantes aussi pour une prochaine fois...

Oui mais la question est: d'où ça nous vient, cet espèce d'instinct "tu aurais dû"?
 De nos mères bien-sûr, puisqu'elle étaient déjà dans la position du martyre à la maison: mon mari me fait faire des gosses, le ménage et me donne très peu d'argent pour tenir tout ça, et en plus il faudrait que je sois heureuse, libre et chantonnante!
Non! J'en bave, alors je le montre bien à mes enfants.. mes fils s'en foutent, mais mes filles, elles, elles vont douiller, culpabiliser pour leur pauvre mère qui souffre...Et le tour est joué.
Pendant ce temps, le père, bien culpabilisé aussi, montre un visage grognon et emmerdé à la maison, et réserve ses plaisanteries et ses rires à ses collègues de boulot: "mon dieu ce qu'il est drôle votre père" est-il dit dans les chaumières..
Rageant...

De cette façon le lieu de la famille est un endroit où l'on se croise en poussant des soupirs, et où l'on rêve d'ailleurs, vivement que je sois grande pour envoyer valdinguer tout ça...

Mais la fille devenue grande s'amourache en priorité des plus faibles, ammochés par la vie, casse-couilles de tout poils, histoire de devenir elle-même le samu social et de prendre à son tour une petite auréole ..Re-bonjour Sainte Blandine...
  Puis, lassée de ses aventures douloureuses, une fois trouvé l'homme de sa vie, pour quand même faire coïncider ce qu'elle vit avec ce qu'elle a vu et ressenti toute son enfance, elle va bien se touver quelque bonnes raisons de soupirer, enfants, mari qui ne fait pas ce qu'il faut, etc.. vie qui ne se plie pas exactement selon les pointillés.


  Difficile d'admettre qu'on est chacun responsable de sa vie, de ses choix, des impasses où l'on se complait, de ses "fosses à purin" comme dirait Jugnot dans "Oui mais", et en faire le reproche larvé à tout ce qui vit autour de soi, c'est se priver de la liberté d'être juste soi, pas que le fils ou la fille de...

 

par Planeth publié dans : L'enfer c'est les autres ajouter un commentaire commentaires (3)   
Mercredi 7 février 2007

Aujourd'hui j'emmenais petit mimi (s'il savait que je l'appelle encore petit mimi à 11 ans, gulp) voir un médecin.

C'était un modèle "trop aimable", pas exagérément, mais assez bon dans sa catégorie. Au début on trouve ça gentil, accueillant. Le truc qui cloche c'est qu'au bout d'un moment ça ne débouche pas sur une véritable empathie comme  parfois.C'est vrai, ça arrive d'être super en phase avec quelqu'un qu'on ne connait pas et ça au bout de quelques minutes. C'est même super agréable quand c'est un gars bien de sa personne et tout et tout, et puis ça mange pas de pain ..

Mais si y a pas ce courant d'air chaud , si c'est juste de la quincaille à deux balles, du vent, des guirlandes de chez GIFI, on se demande évidemment pourquoi on a droit à un tel déploiement..

En tant qu'ancienne "trop aimable", je suis très sensible à ça, un peu comme un ex fumeur  à la fumée, normal. Je repère ça à 100m..Peut-être qu'aux yeux de quelqu'un d'autre ça passerait juste pour de la gentillesse classique mais moi on ne me trompe pas sur ce terrain, je peux en parler maintenant, j'en ai souffert. D'ailleurs comment ça se fait que ça me quitte cette chose là? Vais-je virer à la matrone?  ça serait rigolo..

D'abord pour que tout le monde suive bien, voilà les signes apparents de la maladie:

Autour du strict nécessaire, des tas de phrases en trop, des petits rires, des sourires top-glu. Quand on s'adresse aux enfants c'est comme dans les séries américaines: "salut toi, comment-tu vas? tu fais du sport ? ah ouaiii, c'est chouette" etc...

Perso je suis, enfin j'était (glup) assez du style à rire très fort, à en faire plein, des blagues à deux balles, faire le pitre quoi, des grimaces aussi beaucoup beaucoup, tout ça pour amadouer l'en face. Quand je savais pas trop quoi dire je parlais en shadock ou en donald duck, là signe de très grand malaise.Ne pas prendre de mine du tout , rester normale, je savais pas faire mais pas du tout.

Du coup dans la précipitation à faire vite et bien quelque chose de super drôle cordial chaleureux, ça pouvait donner des trucs du style:

"Alors les p'tits choubidous, ah ah, hem, ouahou, t'as mis ton ton tricot rose wow, la classe, fait froid hein? tiens un avion", un bruitage de  Donald Duck ,

"Salut la minette" d'un ton super enthousiaste à la gamine qui me regarde même pas, tête à claques, "wow t'as emmené ton vélo supersonique ah!ah! etc...

piteux....

J'invente pas..

 

A décrypter c'est fastoche. j'appelle ça "le syndrôme du chien-chien qui remue la queue", c'est pas super valorisant de  se décrire comme ça si on y songe, mais bon j'assume , j'ai fait le chien-chien, pi en plus en général pour des gens qu'en réalité j'aurais bien fait voler d'un coup de quelque chose quelque part.

Mais je ne suis pas violente.

Alors maintenant quand ça m'arrive de tomber sur des gens en plein dans la maladie, j'ai envie de les rassurer:" Là tout va bien, coool, pas la peine d'en faire trop, on est pas bien là tous les deux?"

Peut-être que je devrais ouvrir un cabinet de consultation : "toutou-stop-guérison"-"Planeth vous désenvoute en un clin d'oeil!"

Maintenant vous voudriez bien savoir pourquoi on est atteint de ce mal sournois, hin hin, oui pourquoi?

  

     Moi et ma psycho à deux sesterces, on a trouvé que comme j'avais été la petite dernière d'une famille de 5 dont quatre garçons, et que par là même, or donc et subséquemment j'en avais été sans aucun doute la plus dorlotée,  en tout cas par le papa, j'en avais conçu (si c'est vrai) un intense sentiment de culpabilité vis à vis de mes frères et donc  par là même, vis à vis du reste de la population,  qui n'en demandait pas tant.

D'où ce besoin de m'excuser d'être là qui devenait un tantinet désagréable avec l'âge et dont dieu merci (même si...) j'ai réussi peu ou prou à me débarrasser... OUF!

Mais bon c'est sans doute pas la seule origine possible , tous les "trop aimables" ne sont pas d'anciens poussins trop couvés.

Pour résumer, quand vous êtes confrontés à un malade, soyez attentifs, rassurez-le du mieux possible, moins vous serez aimables plus il se fera chien-chien, et ça ce serait vraiment cruel de votre part, songez-y..

  D'un autre côté je trouve ça extraordinaire qu'un petit machin de genre 9 ou 10 ans te regarde déjà avec un air confondant de mansuétude et d'indifférence, sache déjà doser  le strict minimum, au niveau sociabilité, juste avant que ça ne devienne franchement désagréable. Je suis confondue là, j'admire le professionnalisme, être soi-même, juste comme ça,sans efforts apparents. purée! moi, c'est :"accroche-toi, maman, tu vas y arriver, pas de grimaces, souris pas trop, reste digne et surtout ,pense à Lino Ventura!!"

( Ouiiii, pour moi, c'est le symbôle même de l'impassibilité magnifique, carrée, le top du top en toute circonstance...bon d'accord commme idéal c'est pas super féminin, mais j'ai pas trouvé aussi bien chez nous)

 

 

 

 

 

par Aneth Huyette-Patay publié dans : L'enfer c'est les autres ajouter un commentaire commentaires (0)   
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