Kiss 'uije?

petitschamps.jpg 
Mon blog, c'est mon psycho-kouak, 
quand j'ai un truc qui  me traine dans la tête, 
je peux le poser ici, et le regarder, 
peut-être même y réfléchir,
à part ça je peins... et vous?
Aneth


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Koikadi?

truc-bidule

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Mercredi 9 juillet 2008
      

  Le titre ne veut rien dire parceque je ne sais pas très bien comment résumer en un titre mes élucubrations désordonnées.

Ca porte (que celui qui sait comme on fait ces fichus C majuscules à cédille vienne à mon secours!) sur l'idée de conformisme en fait.

J'ai vu (entre autres) deux films récemment, "Deux jours à tuer",( personnellement je trouve que c'est une vraie soupe, tellement balourde qu'on dirait que c'est fait exprès, dommage, j'aime bien Dupontel),  et "Un conte de Noël".

Le premier m'a rendu triste, non pas à cause de la fin prévisible, mais pour le gros sabot qu'il se traine depuis le départ. Le deuxième m'a rendu légère et d'humeur joyeuse car très délicieusement cynique, un peu méchant,un peu de traviole.

Dans le premier, une phrase pourtant m'est restée en mémoire: "A l'école, vous aviez toujours le bon crayon, le bon cahier, au ski, le bon forfait" crie Dupontel à ses amis.
Voilà qui me touche ..
Enfant, j'ai toujours eu l'impression de ne pas être comme il fallait, où il fallait.
 Déjà en maternelle, je louchais sur les cahiers de mes copines pour savoir si j'avais bien fait, la peur immonde de ne pas être comme il faut. Absolument aucune assurance de mon moi-même.
Devenue grande je me suis soignée en me faisant parfois aggressivement l'apôtre du diable, en flairant du plus loin  le bien assis sur son quand-à-lui, le "toujours du bon côté du manche", l'assuré de faire bien . Le cuistre quoi.
La télévision et le cinéma en général sont de grands révélateurs de ce bon sentiment: "être bien". ça donne des soupes innommables et languides où la fin est d'une prévisibilité tragique, où aucune fantaisie , vraie méchanceté, coupable franchise n'est admise.

Dans "Il y a longtemps que je t'aime", par ailleurs assez chouette, on se serait bien vu accepter pour une fois que la vérité soit dérangeante, que la mère aie vraiement tué l'enfant et cela sans que l'on assouvisse notre besoin d'explication. La fin se révèle on ne peut plus attendue.
Alors c'est triste évidemment, j'ai pleuré comme une madeleine, et Kristin Scott Thomas est comme d'hab une magnifique actrice. Mais on sort de là les pieds lourds..



           Le conformisme à ce stade est pire qu'une religion, pour courber la tête, et bien fixer les rails , ne surtout pas sortir de la ligne, évidemment le regard baissé on voit moins ce qui se passe au-dessus de nos crânes.
(C'est d'autant plus choquant par opposition à l'affranchissement cynique dont se dotent politiques et financiers de tous pays. Soyez un bon peuple, et laissez nous faire nos destructions sociales en paix.)

              Un jour, un homme interviewé dans la rue dit: "vous vous rendez compte, on est de plus en plus fichés, bientôt , on ne pourra même plus dire merde à son voisin "

Je voyais très bien..D'ailleurs depuis, j'essaie de moins marcher dans les clous, pour profiter encore un peu de cette liberté d'être incivil. De ne pas être bien.

          Un jour, la jalousie, l'aggressivité verbale, se curer le nez, ou se moucher dans ses doigts seront devenus interdits et passibles d'un marquage au fer rouge...
Tout cela ne concernant évidemment que le bon peuple, le troupeau, la masse à diriger, à conduire.
C'est plus facile lorsque les bêtes ont appris d'elle-même à s'interdire toute fuite, n'est-ce pas Dom? (elle est bergère)
On appelle ça l'auto-censure, plus besoins d'intervenir, l'individu se fixe lui-même les barrières à ne pas franchir.

   J'en suis là de mes réflexions: jusqu'où je m'interdis certaines choses, qu'est-ce qui s'est incrusté si fort dans mon inconscient que certains gestes me paraissent naturels . Où ai-je abandonné mon bon sens et ma raison pour faire aveuglément ce qui est prescris. Je chasse cette bête là, ce ténia qui m'importune, qui me gonfle, qui m'étouffe.


Je prie pour que l'on devienne plus lucides, ce sera notre salut: contrer cette écrasement conformiste (combien nous somme plus faciles à manier, compressés comme cela!!) par notre liberté de choix et de réflexion, par notre ironie et notre clairvoyance.

Nous sommes libres de refuser de regarder toutes ces émissions débiles ou violentes destinées à nous abrutir, nous sommes libres de refuser tout objet dont la publicité est une injure à notre réflexion, nous sommes libres de lever la tête et d'observer avec dégoût les agissements de ces hommes qui nous gouvernent, le soin qu'ils prennent à émietter les restes de notre démocratie, libres de ne pas être dupes, de choisir notre cheminement personnel, de désobéir, de préférer notre bon sens au sens commun.

Le bon peuple est lourd à maneuvrer, mais il est une force monumentale et têtue, s'il décide de s'affranchir, il peut faire exploser les parcs dans lesquels on l'enferme.
(Exemple parmi d'autres aux Etat-Unis: Général Motors obligé de stopper les chaines de ses 4X4 pour des voitures moins gourmandes et moins polluantes faute d'acheteurs)

Et surtout gardons la liberté de ne pas être "comme il faut"!!

 



par Planeth publié dans : Filosofons... ajouter un commentaire commentaires (7)   
communauté : Biffures chroniques
Jeudi 12 juin 2008
Et voilà, en cours de construction,  la "Pip'inzegarden" ( autrement dit des toilettes sèches!)
Elle est opérationnelle depuis hier, j'ai même fait un petit chemin d'accès pour pas qu'on se mouille les pieds. Mimi second poussait des exclamations de bonheur dans cet endroit magique lorsqu'il l'a essayé! Dès qu'un rayon de soleil se pointe je prends une tite photo.


Je suis une amoureuse des maisons, mais plus encore des cabanes.
 J'en ai fait/eu  tant.
 Premier amour : celle en carton toute cassée, où je me pelotonne en robe de chambre et chemise en pilou sur une vieille photo:
Puis les cabanes en chambre, sous l'abattant du secrétaire, ou sous ma table, avec une couverture, l'entrée faite avec la petite chaise... N'être plus vue, entendre les bruits de la maison, le souffle, la lumière passe en douceur à travers la laine tissée..

Ensuite, le cerisier du jardin, juste un abri, un perchoir, rien de plus... puis la cabane partagée avec mon frère, dans la haie, puis les abris secrets derrière les cyprès, contre le mur..

Ensuite Gardes, les buis, ah l'odeur des buis, les cabanes inconfortables dans la forêt de buis en pente raide, les glissades jusqu'en bas sur des cartons. La cabane magnifique de mes frères, suspendue au dessus du vide( et je n'avais pas le droit d'y aller)..
La nuit où ils ont monté un matelas dans un chêne immense, en cachette, et mes parents devant  ça , le matin, epoustouflés, ahuris, terrifiés, admiratifs. L'engueulade monumentale...

La cabane à la ferme d'en dessous:  une vieille maisonnette, un peu en ruine, juste assez, une vraie maison pour nous, moi et le petit fils de la maison, le vieux camion citroên pourri planté dans un bout de pré, et nos balades fictives à son volant.

Le Manoir: je vais jouer avec le fils du fermier voisin, je n'ai pas le droit du tout, c'est même absolument interdit, papa est faché avec lui. On a construit un plancher dans un arbre au dessus d'un fossé, on a vue sur la ferme , c'est idéal.
  Je tombe, mon pied droit atterrit sur une planche cloutée, ma plante s'enfonce sur le vieux clou rouillé.

Je resterai au lit pendant quelques jours, je ne sais plus, mon pied a gonflé, mon grand-père (ancien médecin),est venu voir ça, il fait ploum ploum avec sa bouche, pour lui c'est pas grand chose... Lui ce sont les vers qui l'ont sauvé en nettoyant sa blessure lorsqu' son avion a été abattu, en 14, côté allemand.

La cabane dans le petit jardin: elle est faite avec une des caisses du déménagement, quand on est revenu de Nouméa.
 Elle est parfaite: elle m'ennuie, mais comment le dire... j'y joue. Mon grand-père m'y emmène en motoculteur, on y mange des pèches au vin, c'est interdit, pour les enfants, le vin..c'est bon.

J'ai dû faire la dernière vers mes 15 ans: une en herbes sèches, un cocon, un tunnel. Mais depuis ça me manquait.

Une cabane, elle est intéressante quand elle est vraiment imparfaite; souvenez vous, le meilleur moment, c'est quand on trouve de quoi faire le toit. Si les murs montent à leur tour, et avec trop de perfection, l'ennui tombe, même rester assis à l'intérieur est saumâtre.
 Dans un arbre, c'est de réussir à faire tenir un plancher qui est le comble du bonheur, le toit, les murs, là, c'est vraiment en trop, le feuillage suffit bien.

Quand on bâtit une maisonnette, se méfier de l'envie de trop bien faire: poncer les planches, vérifier le parrallélisme, bénir les angles droits, on finit par s'en aller,  la tête pleine de nuages..
C'est difficile de s'arrêter, culturellement on est dressé à faire au mieux... Laisser les planches rugueuses, un peu inégales; la tôle vieille a plus de goùt que la neuve, le sol est branlant, qu'importe, il y a du jour qui passe à travers les planches, bonheur..  Le perfectionniste, heureux d'ajuster au point menu une délicate petite fenêtre, s'enferme à nouveau dans un habitat lisse, isolant, insipide, malgré le bonheur d'avoir réussi à vaincre le sauvage.. quelle amertume...

Il ne faut pas vaincre le sauvage, il faut se laisser bercer par lui, c'est bien meilleur....


Edit du 12 à 18h:

La "Pipin'zegarden" terminée!
par Planeth publié dans : Filosofons... ajouter un commentaire commentaires (8)   
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Samedi 23 février 2008
peupliers.JPG   

               Comme d'hab je suis tentée de mettre ici ce qui me passe par la tête, le problème c'est que je réfléchis comme un ruisseau: ça coule, je ramasse des trucs , ça gonfle. Au total je ne sais pas si c'est bien digeste.. 
Enfin , si vous êtes là...tanpis pour vous! ;0)

          Mon père a lu les Essais de Montaigne, j'étais encore étudiante ou tentais de faire vivoter un atelier-galerie à l'époque.  Mais je me souviens des mines gourmandes qu'il avait en les lisant.
 J'en ai déniché un tome l'autre jour dans une bouquinerie, et depuis je cale sur le début. En fait le début déjà me comble d'aise,et presque me nourrit depuis toutes ces semaines. Du coup je n'ose même pas lire la suite, sinon ça va faire trop. 
En substance ce qui me remplit tant de joie c'est que loin d'être des  animaux constants comme nous nous plaisons à l'imaginer, on est, selon Montaigne, foncièrement inattendus. Un  rien, un zéphir, une mouche nous fait changer, d'avis, de route, de goûts. 
Je le crois sur paroles. J'avais tellement envie de le croire de toutes façons. C'est tellement génial comme permision.
"Tu as le droit de tout faire, et surtout d'être toi-même en étant toujours différent. J'attendais que quelqu'un me dise ça un jour. 

La porte ouverte, le paradis.

Depuis, j'ai glané d'autres petites choses qui me ravissent . J'ai découvert que chaque jour est complètement nouveau et différent du précédent. 
Disons que depuis longtemps déjà, j'ai la hantise de la répétition, parce qu'elle efface les souvenirs.
 Trop de régularité raccourcit le temps à une vitesse stupéfiante, en tout cas l'espèce de gros album photo qu'on a dans le cerveau. Il ne remarque, ce stupide amas de circonvolutions, que les éclats, les pincements, les brûlures, et là , clac , il imprime. 
Bien-sûr en cherchant bien, on retrouve les petites pages plus douces, plus anodines, mais il ne les délivre pas facilement, ce cossard.

Donc, si on a en tête que les jours sont assez semblables et que nous-même ne changeons pas, imaginez le résultat, encéphalogramme plat, un album aux trois-quart vides, quelle gâchis.
On a beau se satisfaire d'un rien, d'une micro poussière, si l'autre là-haut, le gros charnu rose pâle, il ne fait rien de tout ça, on a l'air malin au bout du compte.

Mais j'ai trouvé sa faille, son talon d'achille. 

             Si moi, je considère que chaque jour est différent, si tous mes sens me le disent, si mes yeux le voient, si mes oreilles l'entendent, mon gros  bouclé gélatineux va bien être obligé d'en faire autant, non?

En fait je m'en fiche un peu.

     Puisque j'attends chaque matin l'amorce  du nouveau jour. 
Qui vais-je entendre aujourd'hui? 
Est-ce une journée douce, épique, acide? 

             Ce matin j'ai conduis avant l'aube mon ainé pour un petit voyage, il allait prendre la micheline vers le Sud de l'île. Il a charge de ne pas laisser passer le temps magique et de revenir avant que le carosse ne soit devenu citrouille, puisqu'après-demain c'est la rentrée. Mais qu'importe, je sentais pour lui l'excitation  de faire seul un pas de géant.
           Je me suis traitée de trouillarde toute la journée d'hier, oui, parce que je m'inquiétais pour lui, mais pas seulement, je m'inquiète pour la maison, se vendra-t-elle, ou pas, et là bas, ne risque-t-on rien avec la nouvelle, enfin, je faisais ce que j'ai l'habitude de faire, me tortiller les intestins, me manger le foie, me trouer l'estomac, me faire du mouron, mon sport favori.

"Trouillarde", je m'invectivais! Pour un peu je me serais giflée. "T'as pas honte d'avancer dans la vie en ayant peur! Ah c'est chouette! Ca apporte vraiment quelque chose au schmilblick!
C'est bien d'avoir des mectons adolescents, parceque tout à coup on voit dans la glace ce qu'on risque de leur insufler au moment où ils exercent leurs ailes.
Et là, horreur: je me suis vue leur transmettre cette crainte, de tout, faut faire attention, attention....Faut tout prévoir, pas se laisser surprendre, on sait jamais.

On sait jamais.

Elle était belle la philosophie que j'enfournais jusqu'à hier dans leurs becs . Parcequ'ils ont beau avoir l'air de se foutre totalement de ce qu'on leur dit, malheureusement ça rentre, et ça rentre bien même.

Mais c'est fini!
Oui , je vais  laisser tomber toute cette crasse de crainte, cette peau pleine de frissons et de chair de poule, non mais!

Ben dis...


Pour disgresser un petit coup, j'adore l'aube, ça me file une patate d'enfer, y a un petit instant ou l'espace est extrêmement intime, c'est juste à soi.



    

par Planeth publié dans : Filosofons... ajouter un commentaire commentaires (6)   
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Lundi 5 novembre 2007
                Ce week-end, nous étions au festival du vent, à Calvi.
   Autant dire deux jours de vacances où on joue au spectateur souriant.
En tant que parent la tentation peut être comme toujours de s'exclure automatiquement de tout ce qui se joue.


Là il s'agissait de trapèze volant.

J'avais bien-sûr la certitude que mes deux gars auraient eux, la volonté et le courage de se lancer de la plate-forme à quelques 8 mètres de hauteur. Nous allions pouvoir, mon dou' et moi, jouer aux parents bienveillants et confiants, assis le cul dans le sable, prêt à shooter sur les exploits. Juste des spectateurs.

Mais le maître du jeu en avait décidé autrement. Et n'acceptait les enfants qu'accompagnés d'un au moins des  parents.
Voilà.
Anesthésiée, je me suis mise docilement dans le petit groupe, rien n'allait m'arriver, rien ne pouvait m'arriver, j'était une maman, une grande, quasi une vieille quoi..

Sur la plate-forme j'ai réalisé que si, en fait si, même si je disais "j'ai peur", il faudrait quand même qu'au "hop", je saute à pieds joints dans le vide.
Le but n'étant pas de raconter ce truc là, je file direct à la conclusion: j'ai adoré ça, on l'a refait trois fois, en fait on a passé les deux jours en dessous de la structure tubulaire sur la plage. (Je ne voudrais pas cafter pas mais quand même  dou' ne s'est jamais décidé à monter. La prochaine fois, j'en suis sûre)
oui, c'est ma pomme
    Comme je ne suis pas gaspilleuse (je tiens ça de ma mère) j'ai tiré de cette expérience cette maxime modeste et géniale:
On se fixe nous-même nos propres limites.
Oui.

Une fois qu'on a dit ça, n'est-ce-pas...
Mais quand même, ça fait réfléchir. La plupart du temps, on se dit: "je ne suis pas capable de...", ou: " ça je peux le faire, mais pas plus..."
C'est dingue. Notre petite cervelle de moineau s'arroge le droit de tout régenter dans la maison! De quel droit? Y a plein de ressources du sol au plafond, mais encore faut-il s'ouvrir la porte..
Notre ordinateur corporel est friand de tout, et on le prive, nos capteurs, nos turbines, nos moteurs à propulsion, tout un tas de technologies super pointues se disputent pour voir un peu la lumière dans notre vaste usine à gaz personnelle, et nous on est là et on dit: non non, .. Quelle gigantesque frustration..

Bon ok je suis plongée en ce moment dans des bouquins de psycho, enfin du lisible pour moi n'est-ce pas, parce que sinon "je ne serais pas capable" (hum), bref je me noie avec bonheur dans les ouvrages d'analyse transactionnelle, c'est fou ce que c'est réjouissant d'ouvrir le capot. Harry potter à côté c'est de la gnognotte, mon polar à moi, c'est de découvrir les scénarios, les injonctions, et tutti quanti, et faut être un fin limier je vous le dis.
Bref je m'amuse énormément.

Et je suis tombée en arrêt, tel le setter irlandais à l'aube dans les ajoncs, sur cette phrase magnifique:

(oui je sais deux phrases magnifiques dans un seul billet c'est beaucoup)

Préjugé parental: Un individu est mature quand il fait les choses à ma façon, et immature quand il les fait à la sienne.(cf:"Que dites vous après avoir dit bonjour" Dr Eric Berne)

Elle est chouette celle-là. Elle me cloue. Je suis en plein dedans là, avec deux garçons de 12 et 15 ans qui ne demandent qu'à.
C'est tellement drôle, c'est tellement exactement ça.
      Et en même temps on est si émerveillé de les voir agir avec leur réflexion, leurs talents, et découvrir leur mode de fonctionnement.
Mais on est toujours rattrapé par son Parent normatif (faut suivre, c'est de l'AT, ;0))
       Parce que quand même, s'ils n'ont toujours pas commencé leurs devoirs pour la rentrée (Jeudi donc) alors qu'on est Lundiiii, oui Lundi, il faut que je fasse quelque chose, non?
Peut-être que non, surtout pas.
Poussons le bouchon:
Ils n'assument par leur boulot, soit parce que d'habitude vous leur faites la guerre pour le faire, soit parce qu'ils ont vraiment un petit brin de paresse par là.
Que va-t-il se passer?
A la rentrée, ils vont assumer leur manque de travail.
Et ça c'est grand:  assumer, prendre la responsabilité de.
On oublie qu'à l'école ils passent leur journée à assumer. Quand ils reviennent à la maison, on fait comme si on passait notre vie à réfléchir à leur place. Mais la vérité c'est qu'ils ont commencé depuis longtemps à s'affranchir de nous.

Et ainsi on peut imaginer qu'ils utilisent leur machine-cerveau et leur machine-corps, leur outil-psychologie, leur intuition, leurs sens, leur adresse personnelle à réagir face aux évènements et à trouver la réponse la plus adaptée.

Non, nous n'avons pas été des mauvais parents parce que nous n'avons pas hurlé toutes les heures: "attention, il faut faire vos devoirs, pensez-y!!"
Au contraire, je pense de plus en plus qu'en faisant ça on aurait brouillé les cartes, les tirant vers le bas, vers la dépendance..

Bon mais...

Je l'ai quand même dit ce matin

...Euh, vous pensez à vos devoirs?

J'ai encore du boulot à faire sur mon moi-même!!

 
par Planeth publié dans : Filosofons... ajouter un commentaire commentaires (9)   
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Vendredi 12 octobre 2007
gardeshiver.jpg
   Le matin, assez tôt, je vais nourrir les juments en vélo.
Je passe par la petite route en face de chez moi, elle est pleine de peupliers énormes qui font frrrrr en ce moment, parce que c'est l'Automne, la lumière est dorée et rasante. 
    Elle serpente: une haie, un grand pré tondu par les brebis, un peuplier dont le tronc est gros comme une petite maison, une grimpette, un virage, on aperçoit la mer, je redescend vers le maquis, je lâche les mains, je secoue la tête, comme quand j'étais gosse, pour sentir les cheveux onduler avec le vent.
   Y a juste la petite trouille de se dire: et si y avait un caillou devant ma roue, sans les mains, je suis cuite.  Je longe la prairie que je vais traverser bientôt. Les brebis m'y attendent, parfois.
   Je pose la bicyclette contre la barrière et fait un petit "mééé": toutes les brebis tournent la tête, et me fixent
avec leur regard étrange. J'en suis presque mal à l'aise. Elles se mettent aussi à faire méééé, mééééé, toutes ensembles. Y a comme un grand mouvement qui s'amorce autour de moi. Elles me suivent pendant que je traverse les sentes humides vers l'Aliso, elle me prennent pour leur gourou? Non juste pour une annexe de berger qui aurait peut-être des trucs dans ses poches, dans des sacs.
   Je disparais sous les branches qui camouflent le ruisseau.

   En fait je me suis laissée emmener, une fois de plus. Ce n'est pas exactement de ça que je voulais parler.
Mais quand je fais ce petit tour du matin, je pense à Gardes, la maison du Lot, toute seule isolée sur sa colline, et moi qui en partait le matin en vélo, vers l'école à 5km de là, j'avais 9 ans, et mes poumons étaient brulés par le cristal de l'air, l'hiver, le givre sur les pierres du chemin, l'ivresse, le soleil qui apparait, la sensation de liberté .

   Les pensées papillons, ce sont celles-là. Tout à coup, ça vient effleurer la conscience, une odeur, une image, elle s'emmêle dans les cheveux, elle repart, on a à peine eu le temps de la respirer. Parfois elles sont poétiques, douces, mélancoliques, parfois elles sont lancinantes, un peu maussades, ou gorgées de chagrin. 
   L'autre jour, j'ai acheté, et depuis longtemps ça ne m'était pas arrivé, une de ces boites de crème dessert Montblanc, hautes et étroites, et depuis, une image papillonne autour de moi: 
   J'ai 14 ans, je fête mon anniversaire avec mon père, tous les deux, sur la grande table de la salle-à-manger. Il m'a acheté tous les parfums de crème Montblanc. je les mange jusqu'à la nausée. Maman n'est pas là, elle est partie en Bretagne car mon frère vient de tomber gravement malade. Image caillou.

   Ou celle-ci: Gardes justement, je viens de rentrer de l'école, mon père est là, il vient pour le week-end, ma mère se tient aussi dehors, il y a quelque chose derrière les jambes de mon père, c'est un chiot, un tout petit coker noir qui frétille de peur et d'excitation.
   Elle se mélange avec celle-là:  Au même endroit, la petit terrasse derrière la maison, la table blanche, ronde, en fer avec les petits trous, ma mère à mon père: "je ne sais pas... j'irai chez ma mère"..."Et les enfants?" dis mon père.

   Les pensées papillons ne sont pas là par hasard, elles cherchent à nous dire quelque chose. Il faut les accueillir avec gentillesse, les laisser se poser sur l'épaule, elles sont comme les petits éclaireurs de notre inconscient qui remue des fatras de pensées dans notre grenier cerveau, elles sont un écho.
  

Peut-être qu'on en avait juste pas fini avec le moment qu'elles rappellent, pas fini d'en pleurer, d'en rire, d'en être émerveillé.
par Planeth publié dans : Filosofons... ajouter un commentaire commentaires (12)   
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