
Et voici ma Swannie, alias la souris, bombinette, petit pétard, bubble-gum, auto-tamponneuse, j'en passe et des meilleures, ma pépète d'amour..
Arabo-Corse de 8 ans.
édit de 19h11:
pour illustrer nos débuts j'ai essayé de mettre en image:

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Et voici ma Swannie, alias la souris, bombinette, petit pétard, bubble-gum, auto-tamponneuse, j'en passe et des meilleures, ma pépète d'amour..
Arabo-Corse de 8 ans.
édit de 19h11:
pour illustrer nos débuts j'ai essayé de mettre en image:


Toute ressemblance avec des personnages existants serait purement fortuite..

Moi et les chevaux, on était prêts.
-"Et si tu vois que ça chauffe... et si ça tourne mal...et si tu as une chute..."
Le genre de commentaires qui donne pas mal la pêche à tout le monde..
J'avais aussi prévu une provision de sucres pour si jamais on passait la nuit dehors.
La première partie, au pas, à l'ombre, dans un petit sentier qui sentait la noisette, c'était vraiment zen. Je papotais avec "sandalette" qui était très chouette, et le reste de la troupe dodelinait gentiment. Derrière, Zéphir et Hirondelle jouaient à qui marche le plus lentement, et Pascale avait l'air un peu à bout de diplomatie pour faire rattraper tout ça.
Clint Eastwood avait mal négocié la prise de pommeau, du coup, il a attrapé le troussequin, du grand art. Son copain en culottes de cheval bouffantes s'était jeté plutôt sur l'encolure, mais à sa place, je ne l'aurais pas fait, c'est nettement moins vivable.
Il n'y a pas eu de commentaires. Peut-être qu'ils commençaient à avoir peur de moi...
-"Qui veut galoper?" J'ai demandé avec mon air miel.
J'ai senti comme un remous, derrière. "Sandalettes" m'a fait oui oui, avec un grand sourire. Mais c'était bien la seule. On sentait le reste de la troupe nettement moins enthousiaste. Je voyais bien qu'ils n'osaient pas dire non, question d'amour propre, mais que le moral était en baisse.
-"Bon, on va faire une petite pause, à l'étang"
-Encolure à la verticale, nez à l'horizontale, et un antérieur paralysé en l'air, plus les naseaux en ventilation maximum. Plus moyen de le faire avancer.
-" C'est rien, pas de problèmes, on va juste faire demi-tour."
Je ne pense pas qu'ils se sont aperçus que j'étais morte de trouille.
Les chevaux, eux, ils partageaient bien mon angoisse. Et ils étaient drôlement d'accord pour s'en aller.
Ils nous ont un peu marché dessus quand on a rebroussé chemin, histoire de se rassurer, et là, j'ai pas eu de veine, une trentaine de vaches venaient de s'engouffrer dans le raidillon , 50 mètres au dessus de nous.
Elles avaient l'air contentes de nous voir, les vaches, question distraction . Nos chevaux étaient nettement moins chauds pour la rencontre.
En voyant la tête grisâtre de mes promeneurs, j'ai décidé de prendre à gauche, par les orties.
Derrière, c'était "Délivrance", même pas un soupir de protestation . Il faut dire qu'on avait intérêt à garder la bouche fermée, à cause des moustiques, et chacun essayait de marcher dans les fesses du cheval de devant , ce qui est moins convivial pour discuter.
Mais les adultes sont pas rancuniers. Quand la monitrice leur a expliqué qu'elle testait ma vocation, ils ont rit jaune, mais ils m'ont invité à déjeuner...
Parmi les choses qui se tiennent dans un coin de ma tête, comme de petites flaques qui reflètent le ciel, il y a ce que
m'offre la prairie, le soir, à la brune...
Lorsqu'on s'est attardé après avoir nourri les juments, on n'a plus envie de partir, la lumière s'est tue, le silence s'est installé, on entend
quelques oiseaux , les chevaux ronflent, ils ne broutent pas, ils ne savent pas encore vers où se diriger, ils vont peut-être aller boire, la tête basse, ce n'est plus l'heure des jeux, ce n'est
pas celle de la sieste, ce n'est pas celle des chamailleries, des gratouilles, la journée est terminée pour eux aussi, ils marchent dans la prairie comme les gens qui sortent du boulot, un peu
indécis, un peu alanguis, tranquillement, ils ne sont pas pressés d'arriver.
A cette heure, il faut s'approcher de l'Aliso, son courant lent et fluide , son odeur un peu crue de vase et de pourriture, un remous frais, on pourrait se tenir là, sans bouger, les yeux écarquillés, parcequ'il ne fait plus très clair, le coeur qui tape dans les dents, on attend le craquement , le froissement dans le talus, les petits bêtes timides sortent .
Toute cette partie de la plaine est à l'ombre. Plus loin, la montagne est encore dorée, mais ce n'est plus le même pays, il est dans la lumière et cette frontière là est infranchissable. A cet instant, on existe que là, les pieds dans le sol souple à scruter devant soi. A cet instant, je ne suis plus une personne ,je fais partie de la prairie comme chaque brin d'herbe, je fais partie de l'air qui ne bouge plus, je suis un arbre, l'air me convient, le silence me convient , je ne réfléchis pas , je hume à petits coups, aussi transparente et perméable qu'il est possible.
La brune vue de ma fenêtre:
Koikadi?